Des heures supplémentaires libres d’impôt pour contrer une pénurie de la main d’oeuvre

Effectuer des heures supplémentaires

Le gouvernement du Québec étudie présentement la possibilité d’exonérer d’impôt les heures supplémentaires dans certains secteurs d’activités afin de contrer la pénurie de main-d’œuvre.

Cette idée, issue du dernier congrès des jeunes caquistes en août dernier, fait son chemin au sein du gouvernement.

Nous désirons rappeler qu’il n’y a pas de pénurie de main d’oeuvre aussi alarmanque que les médias et certains entrepreneurs le prétendent.

Le problème qui existe est que les salaires offerts sont trop bas. Augmenter les salaires et cela va régler une bonne partie du supposé problème. Dans d’autres domaines, tel que la Santé, c’est souvent un problème de gestion et non un problème de rémunération.

Mais semble-t-il que le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, examinerait sérieusement les impacts d’exonorer d’impôt les heures supplémentaires mais dans certains secteurs de l’économie uniquement.

À cela nous répondons que si une telle mesure est mise en place, il faut alors le faire pour l’ensemble des travailleurs. Car l’appliquer qu’à certains secteurs d’activité va faire en sorte d’instaurer une mouvance qui va libérer des emplois moins payants vers des secteurs dont les heures supplémentaires seront exonorées d’impôts.

Semble-t-il que le gouvernement veut instaurer le tout à des secteurs tels que les technologies de l’information, la Santé et ainsi que dans le secteur de la Finance et administration.

Prenons le cas des infirmières, ce n’est pas un secret de polichinelle qu’elles font beaucoup d’heures supplémentaires. Avec une meusre d’exonération d’impôt sur les heures supplémentaires, cela risque d’amener davantage d’étudiants dans le programme de soins infirmiers au CEGEP et à long-terme d’avoir tellement d’infirmières de disponibles que la mesure d’exonération d’impôt ne s’appliquera plus. À ce moment là les gens qui auront choisi cette vocation vont se retrouver avec des revenus moindres.

Dans le cas des technologies de l’information, le secteur n’est aucunement en pénurie. Nous savons que le gouvernement peine à recruter dans ce secteur pour la simple raison que les salaires qu’il offre sont largement inférieurs à ceux du secteur privé. Une telle mesure d’exonération d’impôts ne va pas régler le problème du gouvernement à recruter des gens dans ce secteur. Bien au contraire. Cela risque de vider le secteur public alors que de jeunes travailleurs désireront aller vers le secteur privé qui deviendra encore plus payant pour eux.

Le gouvernement désire aussi instaurer une telle mesure dans le secteur de la Finance et de l’administration. Nous nous sommes demandés comment cela pourra-t-il être instauré car ce secteur est si large. Par exemple, est-ce que cela va concerner les techniciens en administration du secteur publique? La personne qui fait les paies dans une compagnie de construction? Secteur tellement large à couvrir qu’on se demande comment le gouvernement fera appliquer de telles mesures. Est-ce que les cadres du gouvernement font partie du secteur Finance et administration? Est-ce que les conseillers en placement font partie du secteur Finance et administration? Est-ce que tous les employés d’une banque font partie du secteur Finance et administration? Ça semble tellement brouillon ce que le gouvernement veut instaurer.

Au 2e trimestre 2019, selon Statistique Canada, il y avait 140 420 postes vacances à combler au Québec.  Cela nous amène à un atre point que le gouvernement devrait regarder avant d’appliquer une mesure d’une façon brouillon. Celui de mettre sur le marché du travail les 110 000 prestataires d’aide sociale considérés aptes à travailler. Ce qui ne ferait plus que 30 000 postes vacances à combler. Ce qui serait bien en deça des 80 000 postes vacances d’un marché de l’emploi équilibré.

Aussi, il y a présentement au Québec 220 000 prestataires de l’Assurance Emploi. C’est davantage là selon nous que le gouvernement doit prendre des mesures pour ramener ces gens sur le marché du travail.

Autre chose, nous croyons aussi que si le gouvernement du Québec va de l’avant en exonérant d’impôts les heures supplémentaires, il devra aussi convaincre le fédéral de faire la même chose.

Nous croyons aussi que de relever les tranches d’impôts sur le revenu serait une autre solution à inciter les travailleurs à faire plus d’heures. Au Québec, dès que le salaire d’un travailleur atteint 47 630$ ou 87 575$ celui-ci voit son taux d’imposition augmenter.

Pour revenir au secteur de la Santé, il y aurait selon Statistique Canada, une pénurie de 1 000 infirmière au Québec. Il faut se rappeler que c’est ce même gouvernement du Québec qui a favoriser la retraite d’infirmières il y a plus d’une décennie qui fait en sorte qu’il y a actuellement un manque dans ce secteur. Le premier ministre François Legault était même membre du gouvernement qui a appliqué cette mesure. Toujours dans le secteurs de la Santé, il y aurait un manque de 4 275 préposés aux bénificiaires. Encore une fois ici, nous croyons que le salaire offert pour les tâches à accomplir n’est pas suffisament élevé, ce qui attire peu de gens vers cette profession.

Nous croyons que si le gouvernement va de l’avant avec l’exonération d’impôt sur les heures suppléentaires que cela doit s’appliquer à l’ensemble des travailleurs québécois. Il ne faut pas perdre de vue non plus que les situations familiales de millier de travailleurs ne permettent pas d’effectuer des heures supplémentaires. Penser aux familes monoparentale. Penser aux situation où les deux parents travaillent et dont le service de garde ferme à une heure précise. Le gouvernement devrait davantage faire la promotion de verser un salaire plus juste aux travailleurs. Et, le gouvernement, comme employeur, devrait commencer par se regarder dans le miroir. Nous savons qu’il peine à recruter des agent(es) en secrétariat. Il serait grand temps qu’il montre l’exemple en augmentant le salaire proposé.

Mais dans tout ça, le gouvernement est un cancre comme employeur et il veut dicter aux autres employeurs quoi faire. Tout commence par montrer l’exemple.

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